De l'utilité du journaliste pour les progrès de la grammaire

Publié le par Fouquier-Tinville

Il y a une dizaine de jours, j'écoutais distraitement en conduisant ma calèche une émission radiophonique de débat sur Europe 1. Elle était consacrée à la nouvelle polémique issue des rangs de l'Education Nationale avec l'assentiment de l'aristocratique ministre responsable Gilles de Robien : après les problèmes d'orthographe et apprentissage de la lecture, la grammaire !

Mis à part les quelques auditeurs triés sur le volet venant se plaindre de ne rien comprendre aux cours dispensés à leurs "chères têtes blondes" (expression de plus en plus inusitée heureusement), la discussion se déroulait entre l'auteur du rapport sur les problèmes de grammaire, une représentante des professeurs de lettres et le journaliste animateur du talk-show.

L'auteur du rapport s'efforçait de rappeler que son rapport était bien moins critique que ce que le ministre avait relevé et transmis aux médias. L'enseignement n'était pas mis en cause, seulement l'adoption dans les 10 dernières années d'un jargon incompréhensible pour désigner les éléments constitutifs de la grammaire.

Cette brave enseignante essayait désespérement d'expliquer que les professeurs de français ne sont en rien responsables du jargon qu'imposaient en fait les experts pédagogiques des ministères successifs : les enseignants n'étant souvent même pas formés à ces nouvelles méthodes quand on les mettait en place.

Le journaliste, lui, voix de la raison, défendait la position du bon sens, donc bien sûr celle du ministère : il faut des exercices spécifiques sur la grammaire, même si les enfants s'ennuient, en deviennent malades, au lieu de mêler la grammaire à l'étude des textes !

Pourquoi donc est-ce du bon sens, me direz-vous ? (je me posai la même question) Parce que "c'est ce que j'ai connu quand j'étais élève, ç'a très bien marché sur moi, alors pourquoi a-t-on changé ?" pour ce représentant caractéristique du monde médiatique !

 

Eh oui, c'est la nouvelle mode journalistique : plus besoin de sondage, plus besoin de micro-trottoir, pourtant déjà problématiques, désormais on rentre dans l'ère du "moi, je pense parce que je l'ai vécu"... C'est pourquoi ce brave animateur d'Europe 1 n'arrive pas à comprendre que sa situation personnelle ne peut représenter l'histoire de la démocratisation de masse de l'école : forcément, tout a changé, puisqu'il y a 30 ans, une majorité d'enfants arrêtaient l'école avant le collège !

 

Verdict : incompétence évidente sur une querelle stérile

 

Sentence : retourner à l'école de journalisme

 

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