Libé relance la chasse aux nonistes !

Publié le par Fouquier-Tinville

 Alors qu'avec responsabilité et clairvoyance, Josep Borrell, président du Parlement européen, explique dans quelle mesure il espère sortir par le haut du problème constitutionnel européen, en tenant compte à la fois du non franco-néerlandais, de la ratification par 18 sur 27 Etats membres (rarement par référendum, ne l'oublions pas) et du silence gêné de tous les autres (voir article rubrique « dit et répété »), le journal Libération, qui publie cet entretien ce mardi 9 janvier, tente de réduire la portée de son discours par un article mêlant bassesse revancharde et mensonge éhonté.

En effet, l'auteur de l'article « Chasse au plan B », Gérard Dupuy, commence par se féliciter que deux représentants du « oui » soient en tête dans les sondages, tout en regrettant qu'ils évitent le sujet européen, sous entendu qu'ils remettent en cause le vote du 29 mai. Pourquoi "sous-entendu" ? Parce que le journaliste leur recommande de ne pas laisser seul François Bayrou face à des "nonistes toujours aussi décidés et sonores" : surtout ne pas céder face à ceux qui ont réussi à convaincre les citoyens (pardon, Libé voulait sans doute dire "corrompre" ou "tromper") !

D'ailleurs, au paragraphe suivant de cet édito, Dupuy nous ressort le désormais célèbre mensonge du "On se souvient que certains des nonistes gênés aux entournures avaient parlé d'un «plan B» pour la réforme institutionnelle de l'Union". Je me dois donc de rappeler que cette histoire de plan B est apparu dans un entretien de Jacques Delors au Nouvel Obs, dans le but de faire croire que voter oui était la seule alternative impossible sous peine d'armageddon !

Depuis, pourtant, régulièrement, on s'en prend aux nonistes coupables de n'avoir pas eu un deuxième texte de prêt sous la main. Au delà de la mauvaise foi évidente de ce genre de pratique, cela dénote surtout un manque total de connaissance juridique : le référendum est un vote par "oui" ou par "non", pas par "oui" ou par "non, mais j'ai autre chose à vous proposer, en cette saison, je vous conseille la bisque de homard ou la sole meunière, attendez je vais vérifier auprès du chef"...

 

Verdict : manipulation, rancune, mauvaise foi, incompétence, bref tout sauf le minimum attendu d'objectivité déontologiquement correcte

Sentence : il n'a pas des gens à virer, le Joffrin ?

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Sylvain Bartet 03/03/2007 17:13

Toujours étonant comme certains "ouiistes" ne se remettent pas du 29 mai : "bouhh... on nous a cassé notre joujou".
Et toujours pas de plan B... mais que les directions politiques partisanes du "oui", restant au pouvoir car les partis sont totalement vérouillés et déconnectés de la réalité sociale et électorale, s'en aillent... ça nous fera des vacances et on aurait évité des candidats ridicules.

Fabien 11/01/2007 12:26

Les pauvres gens de libé... La mort d'un journal est toujours un drame. Mais à lire cette prose, je finirais presque par penser, comme Mélenchon, que la disparition de ce quotidien ne serait pas un drame. Mais si libé crève, ce ne seront pas les Dupuy, les Joffrin, et toute cette sale petite bande qui vont se retrouver dans la mouise. Non, ce seront les journalistes de base, qui ne sont pas forcément responsables de ce que déblatèrent leus ignobles patrons.