A propos de la "Belle Province"...

Publié le par Fouquier-Tinville

Parfois, il est bon de soigner son image.
Parfois, il est meilleur de soigner son langage.

Petit rappel des faits :
Lundi, la candidate socialiste, Ségolène Royal, s'est entretenue avec le chef du Parti québécois (PQ, souverainiste) André Boisclair, en visite à Paris. Interrogée par des journalistes québécois sur ses "affinités" avec le Québec, Ségolène Royal a alors répondu: "Elles sont conformes aux valeurs qui nous sont communes, c'est-à-dire la souveraineté et la liberté du Québec".
Cette déclaration a provoqué une vive réaction du gouvernement canadien : "L'expérience enseigne qu'il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre Stephen Harper, depuis Ottawa.

Petit rappel sémantique (grâce au Petit Robert) :
Souveraineté =
1. Autorité suprême d'un souverain (NdA : c'est à dire le peuple, dans les Etats démocratiques).
2. Caractère d'un Etat qui n'est soumis à aucun autre Etat => Indépendance.

Hypothèse :
Ségolène Royal voulait sans doute dire (puisque c'est ce qu'elle a laissé entendre un peu plus tard) qu'elle était pour la souveraineté des Québécois,  qui, en tant que membres d'une nation reconnue, ont le droit de se prononcer librement sur leur avenir (ce qu'ils feront vraisemblablement par un référendum en 2008 d'ailleurs). C'est la position traditionnelle de tout démocrate (le partisan de la démocratie, pas le militant du parti américain, suivez un peu !).
Mais, elle a bien dit "souveraineté du Québec", ce qui signifie donc (voir Petit Robert ci-dessus) l'indépendance de l'Etat québécois !
Et ce n'en déplaise à l'intervention du visiblement ignare
député Vert Noël Mamère, qui a déclaré aujourd'hui qu'il n'était "absolument pas" choqué par les déclarations de Ségolène Royal. "Parler de la souveraineté, ce n'est pas parler de l'indépendance."
Bien évidemment, hélas, la droite et l'extrême droite vont faire enfler la polémique...

Verdict : petite erreur de langage aux conséquences électorales indéterminées et aux conséquences diplomatiques sans doute anecdotiques...

Sentence : écouter en boucle pendant une semaine l'ensemble du répertoire québecois (de Robert Charlebois à Céline Dion, en passant par Fabienne Thibeault) !






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Sylvain Bartet 03/03/2007 17:01

Il est toujours inquiétant de voir à quel point des gens qui sont en position de direction du politique peuvent dire n'importe quoi et refuser la réflexion. Cf. aussi à ce propos le petit Nicolas qui ne savait pas si El Kaïda était d'obédience sunite ou chiite... ce n'est pourtant pas une organisation dont l'existence est annexe.
On les imagine, tous ces gens, députés en ton temps Fouquier, celui de la Convention: ils n'auraient sans doute rien compris aux débats.