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Bataille culturelle

Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /Oct /2007 09:07
Notre Grand Président aime la télévision, c'est bien connu : il aime y passer (quotidiennement et plusieurs fois par heure si possible), mais aime-t-il aussi la regarder ?
On s'en f... me direz-vous ? Certes, mais quand ses goûts télévisuels ont des conséquences sur sa façon de faire en politique, cela commence à devenir intéressant.
Ainsi, en regardant tranquillement câlé dans mon canapé les premières saisons de l'excellente série télévisée américaine
"A la Maison Blanche" ("The West Wing" en version originale), j'ai été surpris par la similitude entre certaines situations et la politique menée par l'ex-maire de Neuilly.
Pour ceux qui ne connaissent pas la série, on y décrit le quotidien de la Maison Blanche, les coulisses du gouvernement américain avec un président démocrate originaire et son fidèle staff : excellent pour comprendre le système présidentiel des Etats-Unis, les scénarios étant réalistes et complexes à souhait.
Or, j'ai pu relever quelques faits marquants dans les trois premières saisons :
    - on a droit à un épisode spécial à chaque fois que le Président doit se rendre devant le Congrès pour faire un discours sur l'état de l'Union : or, Nicolas Sarkozy s'est précipité devant le Sénat pour prononcer un grand discours en septembre (il n'a pas le droit de le faire devant l'Assemblée Nationale).
    - on y découvre l'importance du secrétaire général de la Maison Blanche comme véritable Premier Ministre rattaché directement au bureau du Président, avec un staff qui donne des ordres aux ministres qui se permettent de ne pas suivre à la lettre les ordres présidentiels : or, Nicolas Sarkozy néglige François Fillon au profit du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, et les ministres sont étroitement surveillés par des chefs de cabinet choisis par notre Grand Président.
    - on peut y admirer ou y réprouver la sournoiserie de la Maison Blanche, débauchant une figure du camp opposé (les Républicains) pour défendre la politique gouvernementale sur les plateaux télévisés en lui faisant miroiter le fait d'être utile à son pays tout en conservant ses opinions bien sûr : or, Nicolas Sarkozy a lancé sa grande politique "d'ouverture" auprès de personnalités de gauche (Kouchner, Bockel, Besson, Jouyet...) qui toutes ont expliqué leur ralliement sarkozyste par leur sens du devoir envers leur pays.
    - enfin, on y constate l'importance du Conseil de Sécurité Nationale dépendant directement de la Présidence : or, Nicolas Sarkozy a annoncé très officiellement son désir de le mettre en place en France à l'occasion de la réforme constitutionnelle programmée...

Dernier élément à charge du dossier : dès la parution de la photographie officielle du président Sarkozy, l'hebdomadaire "Marianne" avait relevé les étranges ressemblances avec des photographies du comédien américain Martin Sheen dans son rôle de président Jed Bartlet pour la série télévisée sus-nommée. Jugez-vous même :

Voici le fameux portrait officiel

Voici quelques photos de plateau de Martin Sheen :






Troublant, non ?

Par Fouquier-Tinville - Publié dans : Bataille culturelle
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /Déc /2006 11:43

Après "Grâce" la série sur une présidente française diffusée par France 2 en octobre dernier, M6 a mis à son programme la série américaine "Commander in chief" sur la première présidente américaine. Une série réjouissante et pleine d'enseignements pour les grands et les petits.
Dans les deux premiers épisodes, MacKenzie (oui, c'est son prénom) Allen, vice-présidente indépendante d'un président républicain, refuse de démissionner quand son président risque de devoir passer la main et  n'a pas confiance en elle : elle reprend le flambeau présidentiel malgré les horribles turpitudes des machistes des partis politiques et de l'administration américaine.

C'est assez drôle et joyeusement grotesque : une présidente indépendante aux Eats-Unis ? Qui s'appuie sur une administration républicaine tout en choisissant un vice président démocrate ? Pfff... Mais, l'étude plus approfondie du contenu révèle un mode de pensée assez nauséabond.

Tout d'abord, relevons l'intéressante remarque du président de la chambre des représentants pour remettre en cause le jugement de la future présidente, car elle a demandé l'aide de la France pour s'opposer à l'exécution au Nigéria d'une femme accusée d'adultère : "Qu'attendre de la France alors que ses politiciens dépendent pour être élu des votes des Musulmans ?"  Remarquable, non ?

A la rigueur, on peut admettre que les auteurs de la série ne défendent pas le point de vue de leur personnage, mais le reste est bien plus pernicieux. En effet, le fond du discours de la série consiste à expliquer que l'idéologie c'est le mal, seul le pragmatisme permet de gérer le pays en échappant à la logique politicienne. Contre toute logique, MacKenzie explique qu'elle ne se représentera pas à l'issue de son mandat de 3 ans, et donc qu'elle peut mener la meilleure politique, puisqu'elle n'obéit qu'à son bon sens et non à quelques calculs politiciens !

Le problème de cette annonce, c'est qu'elle justifie comme pragmatique et seule décision possible pour l'intérêt général toute action menée par la "Commandante en chef". Or, dans les deux premiers épisodes au moins, c'est un florilège de politique bushiste, matinée de démagogie bien pensante (style défense de la démocratie en Irak) :

  1. - dans le premier épisode : MacKenzie fait préparer par l'armée us une opération militaire en territoire nigérian pour sauver la femme menacée d'application de la Charia, puis menace l'ambassadeur nigérian d'une guerre si on ne lui livre pas la condamnée à mort. Bonne cause, mais négation du droit international au profit de la loi du plus fort...
  2. - dans le deuxième épisode : MacKenzie est furieuse qu'un général dictateur d'Amérique Latine ait osé faire assassiner des espions américains infiltrés dans son pays. C'est un scandale, ce sont des ressortissants américains et en plus, ils travaillaient contre les narcotraficants. La réponse doit être forte, si possible militaire (encore), mais là hésitation (de l'état major) : trop de risque pour les USA ! Donc, 2e choix : bombarder les plantations de coca ainsi que les laboratoires de fabrication de la drogue. Mais, l'administration s'offusque : on va détruire l'économie du pays visé. On se contentera donc de bombarder les laboratoires... et d'appeler en direct à la télévision le peuple à se révolter contre le dictateur sous peine d'anéantissement économique total !!!

Belle leçon de démocratie ! D'ailleurs, tout finit bien : les Latinoaméricains passant leur temps devant le petit écran américain, ils renversent dans l'heure le méchant dictateur et les Etats-Unis leur renvoient leur président déchu...

Verdict : la série de l'idéologie dominante (il n'y a qu'une seule voie, c'est la fin des idéologies)

Sentence : déjà exécutée aux Etats-Unis, arrêt de la production au bout d'une saison, mais comme M6 avait déjà acheté les droits...

Par Fouquier-Tinville - Publié dans : Bataille culturelle
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